lundi 8 janvier 2018

2018

Je me raconte beaucoup d'histoires. Celle de 2018, c'est celle de ma mort. Je me vois bien mourir en 2018. Bien sûr, c'est pour avoir quelque chose à raconter (aux amis, au psy...), et pour qu'on me dise mais non mais non, tu vas nous manquer. C'est aussi parce que j'ai beau retourner le truc dans tous les sens, s'il faut que je fasse ce à quoi je suis bonne, je ne ferai rien, car je ne suis bonne à rien. Bon, là aussi ça pue le "dites-moi que c'est pas vrai", mais en vrai, je ne sais pas bien à quoi je sers. Je ne suis pas une bonne mère (mon fils peut témoigner), je ne suis pas une bonne amie (je ne vois plus personne et je ne parle que de ma petite gueule), je ne suis pas une bonne amoureuse (je suis juste pratique), je ne sais rien faire de professionnel (je fais des conneries dans les trucs pragmatiques, et je n'ai aucune créativité), je ne sais rien faire d'artistique (même si dans mes bonnes résolutions 2018 il y avait "devenir Sophie Calle") (je pourrais mettre en scène ma mort, tiens) (j'ai trop peur) (en fait, j'ai pas vraiment envie de mourir, j'ai juste envie de penser à l'éventualité que ça arrive). Bref, je ne sais rien faire, je ne sers à rien, et j'ai même pas d'envie. J'entends dans le fond "alors qu'on en finisse", mais c'est vrai que j'aimerais bien rester un peu. Mon problème avec la vie, c'est que j'en suis curieuse. Quand même, il se passe toujours des choses imprévues, et ça, c'est une motivation pour pas laisser tomber. En 2017, j'ai pas beaucoup voyagé, et j'ai beaucoup bu. Ca m'a donné une certaine idée de la fête. La fête qu'on fait n'est pas la même selon qu'on aie des enfants ou pas. Et selon notre envie de baiser. Moi dans la fête, j'aime danser et j'aime poser des questions débiles à des gens que je ne connais pas. J'aime parler d'amour, j'aime boire, et j'aime porter du doré. J'en ai fait des fêtes en 2017, elles étaient toutes porteuses de demi-teinte, d'excès et de tristesse. Je croyais m'amuser, j'ai beaucoup pleuré. J'en ai aussi beaucoup manqué, avec la boule au ventre, de ne pas y être parce qu'il y était. Côté amour, je suis au même stade qu'il y a un an et demi, c'est dire si je suis lente à la compréhension. Enfin, j'ai un peu évolué, maintenant je me demande si je sais aimer (non), et si j'ai envie qu'on m'aime différemment (mais alors comment ?) Côté santé, impeccable, bien qu'il soit possible que tout comme ma voiture, je continue à rouler en perdant de plus en plus de morceaux. Côté professionnel, j'aime autant vous dire que c'est un carnage. Mais il y a un an, je me faisais radier de PE et j'attendais une offre qui me tombe du ciel, ce qui arriva juste à temps pour mon anniversaire. Côté famille et amis, je reste une valeur sûre sur qui on ne peut pas compter. On peut en revanche m'en raconter de belles, je ne demande que ça. Et puis en 2017, j'ai rencontré Michel mon psy. A se demander ce que j'y fais. Mais j'y vais. En 2017, j'ai suivi beaucoup de rivières, j'ai suivi beaucoup de courants, j'ai bu la tasse et levé le coude, j'ai roulé, j'ai un peu dansé, j'ai essayé d'aimer, je suis passée à côté de beaucoup de choses, je n'ai pas beaucoup lu, je ne suis pas allée marcher dans la montagne, je me demande encore et toujours ce que je fous là. Comme s'il y avait quelque chose à faire.

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