jeudi 7 janvier 2010

LA MORT DES IDOLES

Ca a commencé en 2009. Michael, bien sûr, mais aussi Patrick et même Brittany.
Et depuis, chaque année, chaque semaine, les nécro se succèdent. C'est devenu l'ultime quart d'heure de célébrité des gens déjà célèbres. Pour se distinguer des starlettes, des it-girls, des fils-de, des pouffiasses de la télé-réalité et des webstars, les idôles se voyaient dans l'obligation de mourir, si possible avec panache, de façon inattendue et d'exiger l'autopsie.

Comme toutes les modes, celle-ci allait passer, mais en attendant, les quotidiens concurrençaient la presse spécialisée people. Les bios allaient bon train, des récits de vie pour adoucir la mort. Les pages Wikipedia se clôturaient. Les amours se dévoilaient ainsi que les addictions. Le story-telling battait son plein. Nicolas Sarkozy avait même hésité à se mettre ainsi en scène.

On contemplait ces histoires comme on va au théâtre voir Phèdre. La dramaturgie moderne des vies extra-ordinaires. Le rêve américain à son apogée, une fin en forme de twist qui appelait les "ça alors qui l'aurait cru". La tragédie grecque à la portée des Chi-Hua-Hua. Puis tout le monde avait fini par s'en foutre.

Quand Tila Tequila s'était taillé les veines dans les chiottes d'une boîte de LA, quand Paris Hilton avait ouvert le gaz dans sa villa de Beverly Hills pour emporter avec elle ses puppies innocents, quand Pete Wentz s'était mis en scène dans un cercueil ébène, les poignets sanglants et la gorge tranchée, personne pourtant n'avait acheté l'édition spéciale de Voici sur les gens morts en 2012.

L'apocalypse n'avait finalement pas eu lieu de la façon dont on l'avait imaginée.

1 commentaire:

  1. Die Paris! Die! (le truc c'est que je suis pas certain qu'elle sache se servir du gaz)

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